Mai 2003





Dans sa Lettre à tous ceux qui aiment l’école le ministre Luc Ferry pose un diagnostic somme toute assez sombre de l’enseignement obligatoire en France. Le Monde résume ainsi : la première faiblesse soulignée constitue un "scandale" : c'est l'illettrisme, longtemps nié par les hommes politiques. La deuxième carence est "inacceptable" : 158 000 jeunes sont sortis en 2002 du système éducatif sans diplôme ou qualification. La troisième difficulté est "inquiétante" : plus de 80 000 actes graves de violence ont été signalés dans les établissements scolaires en 2002.

Ce constat, ajoute-t-on, amène le Ministre à analyser les «racines du mal» : «l'exacerbation [de l'individualisme] a précipité l'école dans la crise, en valorisant l'innovation au détriment de la tradition, l'authenticité aux dépens du mérite, le divertissement contre le travail, et la liberté illimitée en lieu et place de la liberté réglée par la loi». Cette idéologie aurait provoqué des dégâts considérables, dans le domaine de la lecture notamment. À cet égard, Luc Ferry critique la formule mise en avant par la Loi d'orientation de 1989 selon laquelle «l'élève est au centre du système». Ce principe conduirait «trop aisément à de fausses interprétations démagogiques». Au centre du système éducatif, en déduit Le Monde, il faudrait donc placer le rôle de transmission des savoirs des enseignants et l'impératif de travail des élèves. Rien n’est pourtant moins sûr, mais à vouloir inverser sans autre procès les perspectives, un vent de conservatisme risque de souffler fort sur l’école.

Ce débat n’est pas sans en rappeler un autre qui s’y rattache d’ailleurs : l’autorité à l’école. Comment en faire usage pour à la fois faire réussir l’élève et permettre à l’enfant qu’il est de grandir en toute liberté ? Un questionnement à actualiser sur les inévitables contraintes qui parsèment le chemin vers l’autonomie et sur la nostalgie de l’heure qui appelle à un retour à l’ordre et à la discipline. Un sujet qui intéressera le ministre et philosophe qui publiait récemment, chez Grasset, un livre intitulé Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Cette Lettre, tirée à 820 000 exemplaires et distribuée gratuitement auprès de quelque 800 000 enseignants, a été rendue publique le 17 avril dernier.

En ligne pour téléchargement : http://www.education.gouv.fr/actu/2003/lettre_ecole.htm

Voir aussi : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3208--317161-,00.html
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3224--317024-,00.html
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3224--317022-,00.html



Nina Simone, la légendaire diva du blues, nous a quittés. Outre ses grands talents de chanteuse et de musicienne, elle fut également une inspiration pour tous ceux et celles qui luttèrent contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Une de ses grandes chansons, Mississipi Goddam, fut écrite après qu’un groupe de jeunes écolières noires furent tuées lors du bombardement d’une église baptiste par le Klu Klux Klan.
http://enjoyment.independent.co.uk/music/news/story.jsp?story=399370

- Aux origines du 1er mai

Le 1er mai 1886, à Chicago, un mouvement revandiquant la journée de 8 heures, organisé par les syndicats américains, est à l'origine de la Fête du travail. Une grève, suivie par plus de 300 000 ouvriers, paralyse des milliers d'usines à travers les États-Unis. Le mouvement se poursuit et le 3 mai, à Chicago, une autre manifestation se déroule. Des affrontements ont lieu avec les «jaunes» et la police tire sur la foule, provoquant la mort de plusieurs grévistes. Le 4 mai, un grand rassemblement est prévu à Haymarket, dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est alors qu’une bombe est lancée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts parmi les policiers et les grévistes. Huit militants anarchistes sont arrêtés. Cinq d’entre eux seront condamnés à mort, malgré l’absence de preuves convaincantes ; ils seront pendus le 11 novembre, sauf un d’entre eux qui se suicidera la veille, dans sa cellule. Trois ans plus tard, en 1889, le congrès de la IIe Internationale socialiste réuni à Paris pour le centenaire de la Révolution française et de l'Exposition universelle décidera de déclarer le 1er mai journée chômée de lutte à travers le monde avec pour principal objectif la journée de huit heures (48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé).

- Une stratégie globale pour les droits de l’homme

A l’initiative de l’UNESCO, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) organise, à Paris, les 22 et 23 mai 2003, une consultation de représentants et d'experts d'organisations internationales non gouvernementales autour du projet de stratégie globale de l'UNESCO relative aux droits de l'Homme. L’EIP sera représentée par sa Secrétaire générale, Monique Prindezis.

- Nouveau partenariat pour l’Afrique

Le Groupe Demain l’Afrique de l’Institut universitaire du développement tiendra, les 14 et 15 mai prochains, à Genève, un colloque sur les politiques et stratégies du NEPAD (New Partnership for Africa’s Development). Un enjeu sensible, s’il en est un, auquel s’intéresse vivement l’EIP surtout au plan de ses conséquences des politiques de développement du continent africain sur le droit à l’éducation.

Rens : jean-pierre.gontard@iued.unige.ch




- BREDA

Le Bureau régional pour l’éducation en Afrique a été créé en 1970 pour s’occuper de la planification de l’éducation en Afrique au Sud du Sahara. Le site du BREDA présente un riche éventail de questions éducatives pour tous les ordres de l’enseignement ainsi que pour l’éducation non formelle.
http://www.dakar.unesco.org/education_fr/index.shtml

- Stop Violence !

Le site Eduscol, du ministère français de l’Éducation nationale, propose un dossier étayé sur la problématique de la violence à l’école. On y présente, entre autres, une récente brochure Apprendre sans violence, qui rassemble des actions innovantes autour de ce thème.
http://www.eduscol.education.fr/D0093/r_violence.htm



- Le droit humanitaire à l’école

«Enseigner le respect de la dignité aux jeunes - Contribution du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge». Un article publié en 1997, mais qui demeure d’actualité. Il y est question des règles de droit humanitaire et de leurs violations dans la cour d'école. In : Revue internationale de la Croix-Rouge.
http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/iwpList74/97B1FFE27B86CB00C1256C750040AF50


- L’éducation, un bien commun : une idée malmenée

De nos jours, écrit Ingrid Lohman, de l’Université de Hambourg, le système public dans son ensemble est menacé, qu’il s’agisse, entre autres, de l’approvisionnement en eau potable, de l’exploitation de l’énergie, des soins médicaux et de l’éducation. Dans presque tous les pays européens, poursuit l’auteure, la tendance observée à commercialiser le savoir conduit les institutions politiques à mettre la chose publique sous le boisseau. In : «Commercialism in Education : historical perspectives, global dimensions and European educational research fields of interest». European Educational Research Journal, I, 3, 2002.
http://www.triangle.co.uk/EERJ/