Exemple de démarche de validation de contenu trouvé sur Internet

 

Nous vous proposons ci-après une démarche de validation de contenus recueillis lors de requêtes effectuées sur l’Internet à partir de moteurs de recherche. On doit voir cette démarche comme une simple hypothèse d’exploration. Les stratégies de recherches variant selon les connaissances, les disciplines et les compétences acquises, il va sans dire que d’autres voies de validation sont possibles.

La démarche

À partir de la Première page de Google qui apparaît à l’écran, repérez la page intitulée «Education n°6» l'extrait de texte qui apparaît sur la page de Google est le suivan: «... de mars 1999 (n°372, "Filles et femmes ... Illusion dans la profession enseignante : les femmes ont massivement ... Illusion dans les manuels scolaires : maintien des ...»
Cliquez sur ce lien vous arrivez à la page : http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/edu8.htm

Le titre de cette page est : Thème N°8 : FEMMES / EDUCATION / INEGALITE SEXUELLE EN MILIEU SCOLAIRE : UNE VOLONTE DES FEMMES ? par Olivier BRIFFAUT

Comme vous pourrez  l’observer, il s’agit d’un site « perso », sans rattachement institutionnel.
L’auteur n’hésite pas à fournir des précisions sur ses activités professionnelles ; ce faisant, il établit sa crédibilité.  « Pouvez-vous vous présenter ? » – lui demande-t-on. Et l’auteur de répondre :
« En tant que Conseiller principal d'éducation, je travaille au sein d'une grande cité scolaire. Docteur ès Sciences Economiques, j'ai effectué des travaux de recherche conceptuelle sur la notion de capital, de monnaie, de temps, etc. ("Nature et structure du capital en économie monétaire de production") à la suite de réflexions interrogatives menées sur les analyses du chômage. »
Site référencé par l’Académie de Rouen : http://www.ac-rouen.fr/pedagogie/equipes/ses_net/ses_inf/nicolas/infoes/page44.html « Où l'on fait le point brièvement de la situation des parcours scolaires, différenciés sexuellement, sur la base d'études statistiques récentes. Où l'on se rend compte que mixité ne rime pas avec égalité...

La quasi-totalité des dirigeants des mondes économique et politique est issue des grandes écoles - une exclusivité française (cf. Pierre BOURDIEU, La Reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement, 1970) - et plus particulièrement de l'école Polytechnique ou de celle des Mines. Or, les jeunes femmes ne représentent qu'une partie réduite des étudiants aspirant à constituer l'élite du pays : moins du quart des étudiants dans les écoles d'ingénieurs, moins de 40 % des jeunes admis en classes préparatoires aux grandes écoles... alors qu'elles représentent les trois quarts des étudiants en lettres à l'Université et la majorité des étudiants de B.T.S. ! Est-ce dès lors étonnant de constater le caractère masculin du milieu "dirigeant" ? (Cf. L'egalité professionnelle entre les hommes et les femmes, Ministère de l'emploi et de la solidarité, La Documentation française).

Dans la mesure où différentes analyses aboutissent à des résultats convergents, permettons-nous de nous interroger sur le clivage intervenant à la fin des études secondaires entre hommes et femmes, ces dernières ne poursuivant pas leur parcours scolaire - comme les hommes - avec leur baccalauréat en poche (la moitié des lycéens scientifiques sont des lycéennes) dans la voie dite "de l'excellence" que dessinent les sciences et les mathématiques (moins de 40 % de filles inscrites en sciences à l'Université, à peine 30 % d'entre elles occupent des postes de chercheurs). La Commission française pour l'Unesco, qu'il paraîtrait farfelu de taxer de féminisme, avance comme explication que "Ces acteurs de l'éducation que sont la famille, les enseignants, les conseillers d'orientation, soutiennent plus facilement les efforts des garçons pour lesquels ils nourrissent des ambitions plus grandes que pour les filles, même douées en maths" (Femmes et sciences, Conférence mondiale pour la science, 26 juin au 1er juillet 1999 à Budapest (Hongrie), cité par Le Monde de l'éducation, de la culture et de la formation, n°271, p.44). Alors, faut-il parler de discrimination sexiste à l'école, dont la responsabilité dans les choix d'études des filles est avéré ? Admettons. C'est ce que souligne Nicole MOSCONI (Professeur en Sciences de l'éducation à Paris-X-Nanterre. Cf. Femmes et savoir. La société, l'école et la division sexuelle des savoirs, Paris, L'Harmattan, 1994, et Egalité des sexes en éducation et formation, Paris, PUF, 1998) : "Les enseignants gratifient les garçons de plus de contacts strictement pédagogiques et de beaucoup plus d'encouragements..." : il s'agirait d'une véritable relation différenciée des enseignants à leurs élèves en fonction de leur sexe. Dès lors, osons parler d'une "illusion d'égalité", que soulignent les Cahiers pédagogiques de mars 1999 (n°372, "Filles et femmes à l'école") et que relève Le Monde de l'éducation, de la culture et de la formation de mai 1999 (n°270, p.82) : "Illusion dans la profession enseignante : les femmes ont massivement investi le primaire mais restent tenues à l'écart des chaires universitaires. Illusion dans les manuels scolaires : maintien des stéréotypes de sexe dans les livres de lecture, grandes figures féminines quasi absentes des livres d'histoire" (Cf. le rapport remis en avril 1997 à Alain Juppé : Le destin des femmes et l'école. Manuels d'histoire et société, Denise GUILLAUME, L'Harmattan. Notons que l'Unicef insiste depuis nombre d'années sur la nécessité d'expurger le matériel éducatif des clichés sexistes... y compris dans les pays industrialisés, lesquels respectent seuls, par ailleurs, il est vrai, la parité totale filles-garçons en matière de scolarisation...).

Mais soulignons le caractère involontaire de comportements soumis au poids de schémas préétablis qui, pour être bien connus, n'en sont pas pour autant maîtrisés face aux jeunes. D'autant plus qu'ils sont bien souvent partagés par les élèves eux-mêmes, les filles s'appliquant en matière d'orientation une auto-censure reproduisant le modèle familial (de la femme au foyer). Même quand elles réussissent à briser le carcan du rôle des femmes dans la société, leur ascension semble pouvoir s'expliquer par le contexte familial ; Catherine MARRY (sociologue au CNRS) souligne à ce propos que "Ce n'est pas tant l'excellence scolaire qui prévaut dans le choix de la filière que les attentes spécifiques du milieu familial. En effet, les jeunes filles réalisent souvent un projet parental de mobilité socio-professionnel en lieu et place d'un frère "manquant" ou défaillant. Le père reporte sur sa fille des ambitions qu'il n'a pas pu réaliser"...

Et la mère - celle ayant vécu de façon humiliante son statut de femme dans la société - obtiendrait ainsi une revanche... Quant au sommet de la pyramide scolaire, des études montrent que les Polytechniciennes et les Normaliennes sont plus des "héritières" bénéficiant d'une tradition scientifique familiale que des "transfuges" traduisant une ascension sociale. Pour preuve, est avancée l'exiguïté de l'univers social (très favorisé pour, en moyenne, les quatre cinquièmes d'entre elles) dont elles sont issues.

A moins que ces choix ne relèvent d'une volonté délibérée d'investissement dans des domaines nécessitant de grandes qualités humaines (écoute, intuition, esprit de coopération, etc.)... dont seraient mieux dotées les femmes... Nous préférons de notre côté souligner le rôle prépondérant de la stratégie parentale en matière d'éducation, qui se doit d'être non sexuée pour favoriser la réussite scolaire des filles. On connaît ainsi toute l'importance d'une attention égale et soutenue portée à la réussite scolaire des filles comme des garçons, assortie de méthodes pédagogiques fondées sur une approche compréhensive, le suivi et l'écoute, plutôt que la contrainte et le contrôle... Cela exige des parents - et des professionnels de l'Education nationale - des qualités couramment attribuées... aux femmes (Cf. Jean-Michel GAILLARD, "La féminisation de l'enseignement", Le Monde de l'éducation n°274, oct. 99, pp.74-75). CQFD ?! »

Exemple :

Source :  Le Monde de l'éducation, janvier 2003, n° 310.
Et :« La mixité scolaire à l'épreuve du sexisme dans les établissements » Le Monde, 7 janvier 2003
Synthèse : La mixité scolaire en débat*  30 janvier 2003 

« Il faut sauver les garçons ». Cette injonction fait la Une du Monde de l'éducation de janvier 2003 et lance le débat sur la question de la mixité scolaire auquel le mensuel consacre un dossier. Le contenu de celui-ci propose un tour d'horizon sur l'état actuel de la mixité, introduite en France dans les années soixante et rendue obligatoire par la Loi Haby de 1975.

La réflexion sur la mixité scolaire mériterait d'être actualisée d'autant que, selon Maryline Baumard, elle semble inattaquable. Une assurance, ajoute-elle, qui, dans les faits, conduit à penser qu'elle n'a plus besoin d'être défendue et lui est, finalement, préjudiciable.

Comme on le rappelle dans le dossier, l'introduction de la mixité ne s'est pas fondée à l'origine sur une question de principes, mais sur l'intention de servir les familles au plus proche de leur domicile, comme le précise d'ailleurs une circulaire datant de 1957. Pour l'historien de l'éducation, Antoine Prost, la mixité prend sa place, à la fin des années soixante, dans la culture jeune plus que dans la chronologie de l'émancipation féminine. Mais les deux se renforceront mutuellement et signalent une mutation culturelle et sociale majeure.

Pourquoi mettre la mixité à l'ordre du jour des enjeux éducatifs? D'entrée de jeu, Le Monde de l'éducation dit prendre le pari qu'il y a aujourd'hui urgence à sauver les garçons. Un garçon en échec, poursuit-on, risque de construire son identité d'homme non plus sur sa réussite scolaire et sociale, mais sur une virilité exacerbée aux fins du machisme et aux antipodes de l'égalité des sexes : « Une construction dangereuse à terme pour la mixité, scolaire ou sociale, et les acquis de dizaines d'années de féminisme.

De l'avis de Françoise Vouillot, chercheuse et spécialiste de la mixité, « les données scolaires jouent contre les garçons », surtout ceux issus de milieux défavorisés. Même si le marquage social ne figure pas dans les évaluations des performances des élèves conduites par l'OCDE, on fait cependant observer que, dans tous les pays membres de l'Organisation, les représentants du sexe masculin sont plus susceptibles que les représentantes du sexe féminin d'appartenir à la catégorie des élèves faibles.

Mais, à trop s'employer à concentrer ses efforts sur la situation des garçons sans prendre en compte celle des filles, le risque est grand de faire l'économie de facteurs explicatifs importants qui traduisent un certain malaise face à la mixité. Citons, entre autres, le fait que l'école tolérerait, voire encouragerait des comportements sexués : « Une fille qui tape ou qui est trop turbulente, on lui donne des médicaments. Un garçon qui a le même comportement se voit conseillé de faire un peu de sport, schématise Verena Aebisher, de Paris X ». L'orientation présumée sexuée de l'école se traduirait également dans les choix d'orientation des filles et des garçons.

Dans un article récent du Monde cette fois, on écrit : « A la fin de la seconde, quels que soient leur niveau scolaire et leur milieu social, les filles s'orientent moins souvent vers la première S (scientifique), la plus réputée des filières générales. Dans les séries technologiques, les filles se retrouvent en plus grand nombre dans les filières tertiaires alors que les garçons sont majoritaires dans les filières industrielles, mieux reconnues1.

Les solutions? On semble peiner à en trouver de convaincantes même si nombre d'initiatives sont à l'honneur telle le retour à la non-mixité ou celle encore - contestée par ailleurs - qui repose sur l'idée que les cerveaux masculin et féminin ne fonctionnent pas de la même manière et que l'enseignant doit ajuster sa pédagogie en conséquence. Bien plus en vogue cependant, nous dit Maryline Baumard, est le discours de culpabilisation des pères. Certains chercheurs, écrit à ce sujet Laura Sokal, de l'université de Winnipeg, sont d'avis que les garçons perçoivent la lecture comme une activité féminine. L'un des moyens de contourner ce problème, de conclure la chercheuse, est de s'assurer que les enfants voient aussi des hommes faire la lecture. Les premières pages de ce dossier consacré à la mixité scolaire rappellent d'ailleurs que les filles dépassent assez largement les garçons pour ce qui est de la maîtrise des activités langagières.»
Copyright Veille ministérielle, ministère de l’Éducation du Québec.

En poussant un peu plus loin notre recherche, on peut observer que les propos contenus dans ce site perso s’inscrivent dans une problématique bien explorée par des travaux à portée scientifique et une autre requête sur Google permet de le constater.

La requête « mixité scolaire travaux scientifiques » conduit à des articles en ligne bien documentés à partir de sources généralement considérées comme fiables.

Retenons, à titre d’exemple, Obstacles et réussite des filles à l’école dans lequel l’auteure présente une analyse comparée de l’éducation des filles dans le monde, dans la perspective cette fois du droit à l’éducation. Et les orientations d’ensemble qui se dégagent de cet article s’inscrivent dans l’économie générale des propos contenus dans le site perso évoqué plus début.

L’analyse proposée dans ce site perso correspond à nombre d’analyses scientifiques sur le sujet. Dans ce sens, les propos de l’auteur peuvent être qualifiés de valides.

Ces propos s’inscrivent également dans l’économie générale de la non discrimination telle qu’évoquée par l’ONU, notamment dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Mais attention. Validité et scientificité ne correspondent pas nécessairement aux principes des droits de l’homme.Un exemple: « En 1920, Watson a créé, en laboratoire, la peur des rats blancs chez un jeune enfant nommé Albert. L'expérience du jeune Albert, qui poserait de nos jours des problèmes d'éthique professionnelle, consistait à faire apprendre une nouvelle réponse au sujet. Comme tous les autres enfants humains, Albert réagissait en sursautant et en pleurant à l'audition inattendue d'un bruit violent (ici, le bruit d'un coup de cymbales). D'autres part, en présence d'un rat blanc, il ne manifestait aucune frayeur, essayant plutôt de jouer avec lui. Watson présenta alors, de manière simultanée, un coup de cymbales et le rat blanc. Par la suite, Albert pleurait à la seule vue du rat.»
http://www.uqac.uquebec.ca/dse/3psy206/facapp/conda.htmlPar ailleurs, «Ce qui n'est pas scientifique n'est pas nécessairement mauvais ou faux : ainsi, les reportages journalistiques ne sont pas considérés comme des sources scientifiques, même s'il est permis de les citer en tant qu'autres sources. Aussi, selon le but de la recherche, il faudra porter attention aux types de documents recensés. »
http://repere.enssib.fr/frontOffice/afficheArticle.asp?idTheme=13
La validité scientifique ne dispose pas du fait que les fins poursuivies par des travaux jugés valides ainsi que les applications de ceux-ci doivent être interrogées. Le facteur humain doit primer avant tout. Il convient de privilégier une information éthique soucieuse du bien et des droits de la personne humaine. Pour poursuivre la réflexion :
http://www.oasis-tv.net/jsp/fiche_pagelibre.jsp?STNAV=&RUBNAV=&CODE=67769235&LANGUE=0

 

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